Chronique, Historique, Littérature, Pays étranger, Romance

Soie – Alessandro Baricco

Voyage au pays du soleil levant

Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains.
Entre les monts du Vivarais et le Japon, c’est le choc de deux mondes, une histoire d’amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d’une voix, la sacralisation d’un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable. 


SoieJe pense que c’est un fait, je suis retombée dedans. En deux semaines, j’ai lu deux livres sur le Japon féodal, un film sur le même sujet et je repasse des heures à regarder les estampes. Retour d’adolescence, mais avec des yeux d’adultes. Le livre avait tout pour plaire : le Japon, le XIXe, une rencontre de deux cultures et en arrière-plan la quête du plus beau tissu qui soit au monde, la Soie.

La première chose qui m’a surprise à la première page est le choix de chapitre très court. J’ai d’abord pensé à « La Femme qui fuit » qui utilise le même principe. Les pages sont épurées et le texte va à l’essentiel sans s’alourdir d’inutilités et de longueurs. Après « La Femme qui fuit », je me suis dit que l’auteur cherchait peut-être à rendre compte également de la culture japonaise et des Haïku, sorte de poème très court.

Le liseron du soir –
La peau d’une femme
Au moment où elle se découvre. 

Ida Dakotsu (1885-1962)

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L’ensemble se lit tout seul et les pages se tournent naturellement sans ressentir un ennui quelconque. A dire vrai, j’ai eu peur que l’histoire d’amour empiète sur le voyage et soit cucul au possible. Je suis allergique aux romances et l’amour mielleux dégoulinant me fait fuir à des kilomètres. Je laisse ça à d’autres. Et pourtant, avec Soie, Alessandro Baricco a su mêler cette histoire à la fois platonique  et physique où tout se joue avec des regards, des gestes et des écrits. C’est la forme que j’aime le plus, où tout est suggéré. Là où Morgan Sportès écrivait le Japon avec force détails, Alessandro Barrico est plus dans un tableau impressionniste où chaque chose est ressentie soit par les couleurs, soit par les odeurs ou le toucher. Une sorte d’expérience des cinq sens.

En somme, une histoire écrite comme une histoire japonaise, où deux cultures se rencontrent. Une expérience vécu comme un voyage en Extrême-Orient à la recherche des cocons de soie et de la soie d’une peau de femme. Un petit bijou littéraire qui donne envie de voyager.


Edition Albin Michel

Page 120

Note 17/20


Ségolène

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