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Hadamar – Oriane Jeancourt Galignani

Aktion T4

1945. Un homme sort de Dachau. Il y a été emprisonné pour ses articles d’opposition au Troisième Reich qui vient de s’effondrer. Dans le désastre physique et moral de l’Allemagne vaincue, il part à la recherche de son fils, dont il ne sait plus rien depuis qu’il l’a inscrit aux Jeunesses hitlériennes avant d’être emprisonné. Il retourne dans sa ville natale. Les habitants sont énigmatiques, fuyants : une femme élude ses questions ; un soldat américain venu enquêter sur un mystérieux programme « Aktion T4 » des nazis garde des informations secrètes.
C’est alors que l’homme entend des rumeurs au sujet de l’hôpital d’Hadamar. Il s’y rend, décidé à retrouver son fils, quel que soit le prix de sa quête.


couv63990381Il y a des livres qui devrait être d’intérêt public, pour la mémoire (et sa valeur historique) mais aussi pour la compréhension de l’Humain. D’Hadamar, je ne connaissais rien. J’avais vaguement entendu parler du projet Aktion T4 entre deux pages de livres, mais jamais à l’école. A croire que certaines horreurs doivent rester quand même cachées. Je pensais aussi que le massacre des Juifs avait été l’horreur suprême que les Nazis avait pu commanditer. Je m’étais trompée. Il y eu autre chose derrière.

Hadamar, c’est une petite ville en Allemagne qui fut le lieu d’un cauchemar pour des milliers de personnes. Il y a un hôpital dans cette ville, mais celui-ci ne soigne pas. Ou en tout cas, fait croire qu’il soigne. Y vivent des hommes et des femmes, voir des enfants, que le régime considère comme « inutiles » ou encore « fatigués », des aveugles, des sourds, des maniaco-dépressif et toutes autres pathologies relevant du mental. Pour eux, on prévoit un traitement spécial.

Pour raconter ces événements, l’auteure choisie de le faire à travers la quête d’un père, ennemie du régime, à la recherche de son fils. Difficile pour lui, comme pour beaucoup, de reprendre une vie normale alors que les horreurs vues sont encore fraîches dans sa mémoire. A son arrivé, un peu perdu, il rencontre un militaire américain alors en charge de la ville voisine d’Hadamar. C’est par le biais de ce militaire, que la vérité lui éclate aux yeux.

L’écriture est assez particulière puisqu’on jongle entre flash-back et présent. Durant les premières pages, ça m’a plutôt dérangé jusqu’à ce que je comprenne l’utilité de la chose. Ces flash-back permettent de mieux comprendre la relation entre le père et le fils (surtout le fils), et le climat politique dangereux qui commence à s’installer. Et aussi comment les gens ont fermés les yeux (ou fait comme) afin de ne pas voir ce qui se tramait à côté de chez eux. Politique de l’autruche. De manière générale, les propos sont durs, parfois tellement que j’ai plus d’une fois repris mon souffle dans les horreurs décrites sont violentes.

Oriane Jeancourt Galignani a écrit là une merveille sans filtre, qui met en lumière le cauchemar qu’on vécu plusieurs milliers de personnes entre 1941 (et jusqu’à 1944 pour les autres). J’ai volontairement choisi de ne rien dire sur ce qui s’est déroulé dans cet hôpital. Je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même, car c’est après tout le but de ce livre.


Edité chez Grasset

Pages 283


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BrochéEbook


Que lire après ? 

  • Kinderzimmer, Valentine Goby, Actes Sud (2013)
  • MAX, Sarah Cohen-Scali, Gallimard (2015)

2 réponses sur « Hadamar – Oriane Jeancourt Galignani »

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