Chronique, Historique, Littérature

La Repasseuse – Bénédicte Lapeyre

De sa mère, Mone a appris les gestes minutieux du métier de repasseuse. Manipuler le linge délicat et les fers est une voie toute tracée pour cette jeune femme discrète qui n’a jamais quitté Senlis. Pourtant, Mone sait tout. Elle sait tout grâce au linge qu’on lui apporte chaque jour. Car si les gens parlent, le linge aussi, des problèmes financiers de l’aristocratie aux secrets d’alcôve, l’intimité se dévoile à travers les étoffes. L’élégante et digne repasseuse traversera les deux guerres, découvrira l’héroïsme et la collaboration, mai 68 et Rachmaninov. Elle connaîtra des amitiés cruelles et des amours éphémères. Mais c’est à l’automne de sa vie que son destin prendra des détours insoupçonnés…Le portrait émouvant et tendre d’une femme en avance sur son temps, chronique subtile des bouleversements du XXe siècle.


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Les livres traitants de tissu, linge, ou du monde de la couture m’intéresse toujours. Je préfère éviter ceux couvrant la seconde moitié du XXe, souvent pour une question de goût (je trouve la mode après 1950 plutôt disgracieuse), mais quand il devient question du XIXe et de la première moitié XXe, je suis toute ouïe.

Avec La Repasseuse, c’est l’occasion de découvrir un métier qui n’existe plus ou en tout cas, a considérablement évoluer jusqu’à devenir ce qu’il est aujourd’hui (je pense aux pressings). On y découvre des conditions difficiles, des petites pièces sombres et embuées et pléthores de fers utilisés selon le tissu ou la coupe du vêtement.

De cette lecture, je suis mi-figue mi-raisin. Le livre possède quelques qualités comme l’étude assez poussée du métier et de son évolution dans l’histoire. C’est ce que j’ai aimé le plus, mais de nombreux défauts présent ont terni mon avis. Je suis costumière, historique de surcroît, où forcément, j’étudie très en profondeur certaines périodes pour retranscrire le vêtement (je suis spécialisé fin XIXe et première moitié XXe). Et quand je lis que la Belle Epoque est en 1920 et les années folles en 1926 (soit quelques années avant la crise de 29 et la Grande Dépression), je saute au plafond. Et c’est sans compter sur les erreurs textiles et les formes générales du vêtement. Pour un livre retraçant un métier si proche de la mode et de la femme, je trouve dommage que de telles erreurs puissent être présente. Après je ne pense pas que ça puisse déranger quelqu’un qui n’attache pas autant d’importance que moi.

De plus, on nous promettait un personnage féminin en avance sur son temps. Hors, mis à part le fait de ne pas avoir été mariée (ce qui n’est pas forcément étonnant sur son époque où certaines femmes vivaient seules et travaillaient), sa vie est relativement banale. Elle m’est même apparu souvent naïve, avec aucune envie particulière qui puisse surprendre de son temps.

Une lecture correcte donc, mais qui ne me marquera pas sur le long terme.


Edition Albin Michel

230 pages


Que lire après ? 

  • Madeleine Vionnet, ma mère et moi, Edition J’ai Lu (2011)
  • Vincent, Maitre dentellier, Edition Le Club (2004)
  • Belle Epoque, Rosalind Laker, Edition Pocket (2001)
  • Le temps d’une chute, Claire Wolniewicz, Pocket (2011)
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3 réflexions au sujet de “La Repasseuse – Bénédicte Lapeyre”

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