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[Chronique] La femme qui fuit – Anaïs Badeau-Lavalette

La femme qui fuit – Anaïs Badeau-Lavalette

Anaïs Barbeau-Lavalette n’a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s’appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours. Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l’auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n’allaient pas tarder.


couv54219638 Attention chef d’oeuvre, ou en tout cas, ça s’en rapproche fortement. Reçu par les éditions du Livre de Poche, j’ai tardé à le commencer. D’abord parce que j’en avais d’autres dans ma PAL qui me faisait plus envie et ensuite, car j’avais un peu peur d’être déçu. Grosse erreur.

L’atout majeur de ce livre, ce sont les chapitres courts. J’ai toujours eu du mal avec les chapitres long, voir trop long. J’ai l’impression de ne pas avancer dans le livre et une fois sur deux ça m’ennuie. Hors, ici, on tourne les pages avec avidités sans même s’en rendre compte et ça devient très vite addictif. Je l’ai lu lors d’un retour à Lille par le bus, et (il y a environs 2h30/3h de route) je n’ai rien vu passer.

Un matin de 1956, tu cours te réfugier au musée. Peter te retrouvera à la nuit tombée, sous la toile de Cranach, Charity. Celle devant laquelle tu passais presque en courant

Ce livre est d’autant plus attachant qu’il raconte l’histoire d’une femme en avance sur son temps, rêvant de liberté et ne souhaitant pas s’enfermer dans un rôle prévu pour elle par la société. Elle a su vivre comme elle l’entendait en traversant les décennies, de la Grande Dépression à l’avènement du Black Power en 1968/70 jusqu’au XXIe siècle. C’est l’Histoire qui se déroule sous nos yeux, mais vu de l’intérieur où les grands événements ont un impact direct sur Suzanne et les gens l’entourant. Certains trouveront ses choix révoltants (je pense surtout à la maternité), et d’autres la comprendront. Je penche plus vers la compréhension, mais une chose est sûre, ce livre nous parle.

Tu as toujours cette voix qui porte. Même quand tu chuchotes. Tu ne sais pas comment adoucir les choses. Elles te traversent la gorge en un jet brut et précis, en diamant ou en flèche

Le petit point d’écriture qui pourrait troubler est cette utilisation du « Tu ». J’ai adoré cette manière d’écrire ! D’abord parce que cela change des manières traditionnelles, mais aussi parce que le roman donne l’impression d’une longue lettre écrite à cette femme. Cela créait une atmosphère toute suite plus intimiste et on a ainsi la sensation d’être entré dans le cercle proche de Suzanne.

Conclusion, un livre fort, envoûtant à l’écriture originale qui nous prend par la main pour ne plus nous lâcher. Une femme à la vie mouvementée mais fière de ses choix.


Edition Le Livre de Poche

Note 18/20

Pages 448


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5 réflexions au sujet de “[Chronique] La femme qui fuit – Anaïs Badeau-Lavalette”

    1. Je ne suis pas du genre à lire les livres « tendances ». C’est d’ailleurs la raison qui fait que j’ai mis autant de temps à me décider à le lire. Mais celui-ci a vraiment été un coup de cœur.

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